Documentation

Inscrivez-vous flux rss

imprimerenvoyerrecevoir

Microsoft : certifiez-vous les uns les autres


Edition du 09/04/2008 - par Marc Olanié

San Francisco, RSA Conference : « Imaginez », explique Steve Lipner, Director of Security Engineering Strategy de Microsoft, " Imaginez que vous laissiez, comme chaque jour, votre enfant à la garderie locale et que vous ayez la possibilité de vérifier, via Internet, si les personnes pouvant pénétrer dans le périmètre de l'établissement sont bel et bien des gens appartenant au service. Imaginez que votre fils de 17 ans, surfant sur le Web, puisse voir ses accès à certains sites bloqués sur réception d'un certificat ne certifiant que son âge, et rien d'autre. Cette vision, ce projet, nous l'avons appelé « end to end trust » ». Des propos repris, à l'occasion d'une réunion plénière de la RSA Conference, par Craig Mundie, Chief Research and Strategy Officer du groupe. Qu'est-ce que cet « end to end trust » ? Avant tout, la volonté de pouvoir inféoder toute action importante ou nécessitant un certain degré de sécurité, à l'approbation d'un échange de certificat. Si les moindres processus du futur Windows « Seven » sont garantis par un tel mécanisme, pourquoi les multiples actions de notre vie ne le seraient pas elles aussi ? En ces temps où le vol d'identité et l'usurpation de « preuves » numériques font la hune de tous les quotidiens en ligne, cette proposition revêt un certain intérêt. Intérêt d'autant plus grand que, une fois n'est pas coutume, personne, chez Microsoft, ne lie cette annonce d'intention avec un développement stratégique. Histoire d'écarter toute accusation de bigbrotherisme, histoire aussi, probablement, de s'attirer la sympathie des associations de défense des libertés individuelles. Il s'agit là, précise Doug Leland, General Manager de la division Identity and Access, de lancer à cette occasion un formidable appel à participation, afin de réunir les opinions de chacun : usagers potentiels, institutions gouvernementales, associations, industriels... L'utilisation de ces certificats, les problèmes liés à leur répudiation, ceux générés par leur gestion ou leur usage abusif, les considérations financières que l'on retrouve dès lors que l'on doit trouver un bailleur de fond ou une entité responsable de la tenue des formidables bases de données qu'une telle initiative sous-entend... tout çà doit être discuté.

Le socle de cet « appel à contribution » est brossé à grands traits dans un document d'une vingtaine de pages rédigé par Scott Charney, précédé par un article liminaire. Pourtant, bien qu'une page du site Microsoft invite toute personne à donner son avis à propos d'un tel projet -avis ironiquement inféodé à une inscription préalable sur Live ID-, cette initiative ne peut faire oublier d'autres idées du même genre qui, en d'autres temps, ont connu un sort plus funeste. Ainsi Microsoft Passport, cette « carte d'identité numérique universelle et mondiale », qui fut rejeté. Par l'opinion publique tout d'abord, qui, légitimement, craignait que soient compromises par un simple hack les identités ainsi récoltées. L'avenir prouvera qu'effectivement ce qui est devenu désormais LiveID a connu quelques sérieux problèmes de jeunesse. Par les institutionnels, ensuite, qui ont immédiatement saisi l'importance des moyens, tant financiers qu'humains, qu'il aurait fallu mettre en oeuvre pour qu'un tel « passeport numérique » puisse devenir réalité. « Effectivement, l'initiative End to End Trust ne peut se faire sans l'approbation et la participation active de tous, à commencer par les instances gouvernementales, les associations, les corporations de tous types » reconnaît Doug Leland. Passeport, sous sa forme originelle, fut un flop retentissant. Tout comme fut un autre flop retentissant une idée semblable émise par le « bon docteur Schmidt », alors patron de Novell, et qui fit un court bout de chemin sous le nom de « Digital Me ». Là encore, il s'agissait d'établir une carte de crédences multi-services, ou informations médicales, fiscales, scolaires, professionnelles... de quoi faire s'arracher les cheveux d'un Monsieur Cnil des temps modernes, tant les implications et les contraintes de gestion sont complexes.

A lire, à méditer, à débattre.Dans dix ans, dans vingt ans, peut-être, maîtriserons-nous les mécanismes techniques et sociologiques qui nous permettront de jouer avec ce feu identitaire et numérique.

Rejoignez reseaux-telecoms.net, commentez cet article
Nombre de commentaires postés (0) - Lire tous les commentaires
Pour commenter cet article inscrivez vous ou identifiez vous ci-dessous si vous êtes déjà inscrit :

Email :
Mot de passe :  oublié ?
Mémoriser mes identifiants
L'ACTUALITÉ DU JOUR
SQL-Server : une nouvelle faille signalée par Microsoft

Hier soir, 22 décembre, Microsoft a indiqué qu'une faille pouvait être exploitée (...)

Selon Aberdeen, la principale vulnérabilité vient des bases de données de l'entreprise

Alors que le périmètre extérieur des réseaux d'entreprises a été considérablement (...)

Une banque russe déploie 20 000 cartes à puce sur des tokens USB afin de sécuriser ses services en ligne

Alfa-Bank opère dans tous les secteurs de la finance, notamment les prêts, les dépôts, (...)

Le groupe laitier Sodiaal dématérialise les factures papier pour les faire circuler

Candia et Sodiaal International ont eu recours aux solutions ReadSoft pour dématérialiser (...)

Cisco signale une dégradation inquiétante de la sécurité des systèmes

Pire que dans les pires scénarios. C'est en substance le constat que Cisco délivre (...)

La lutte contre la fuite d'information manque de maturité

Les outils de DLP (Data Loss Prevention) visent à empêcher la fuite d'informations (...)

Le service courrier de La Poste disponible en ligne

La Poste lance son bureau de poste virtuel via son site Internet. Il qui permet aux (...)

Recherche

Sondage flash
Parmi les nouveaux outils de communication, lequel est le plus important :
Conférences
Agenda
Du jeudi 22 janvier 2009 au jeudi 22 janvier 2009
Les RIA, nouvel internet pour l'économie numérique
Paris