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Les cyber-fraudeurs ont siphonné 3 Milliards de dollars cette année


Edition du 18/11/2006 - par Marc Olanié

Malgré une très faible régression -1,6% en 2005, 1,4% en 2006- la fraude pratiquée dans le monde du e-commerce connaît une formidable progression en terme de « chiffre d'affaires »... durant cette période, en effet, les ventes en ligne ont progressé de 20%. Du coup, les pertes enregistrées friseraient cette année les 3 milliards de dollars pour le seul marché américain, en progression donc de 7% en valeur. C'est du moins ce que constate une étude de Mindwave Research, commanditée par Cybersource. Toujours selon ce rapport, 1% des ordres passés seraient frauduleux, et 4 % des commandes seraient rejetées par les marchands pour motif de suspicion. Il y a de fortes chances pour que, dans le lot, se trouve une proportion non négligeable de commandes tout à fait normales. Le doute, le risque estimé serait d'ailleurs deux fois et demi plus élevé lorsque les commandes proviendraient de « l'étranger », autrement dit tout pays hors zone USA/Canada. Remarque, peut-on préciser au passage, totalement bijective, si l'on considère les arnaques souvent émises par des vendeurs véreux situés aux USA, pays de l'Est ou d'Extrême Orient et qui visent les acheteurs Européens trop crédules. Une autre métrique est intéressante : le taux de vérification « manuel » des ordres passés. Il était de 26% en 2005, de 23 % cette année, montrant à quel point les cybermarchands reposent de plus en plus sur des systèmes d'aide à la décision dans la discrimination des commandes. L'adoption de ces outils d'analyse serait d'ailleurs en hausse très nette de 30 % pour la seule année 2006. D'autres programmes viennent en outre aider les commerçants en ligne. Notamment les systèmes de géolocalisation de l'acheteur -peu ou prou l'inverse des outils de détection de phishing et sites douteux-, et des bases de données analysant les montants moyens, les fréquences et le taux de fiabilité des clients bons ou mauvais payeurs. Ce bigbrotherisme au service du petit commerce international fait encore partie des non-dits du business sur Internet. En France, cela va sans dire, de telles choses ne se pratiquent pas. C'est interdit par la Cnil... n'est-ce pas ?

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