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Les RFID, dangereux à plus d’un titre


Edition du 30/09/2004 - par Marc Olanié

Une journaliste adversaire des « circuits espions » de marquage et d'interrogation par réseau radio (RFID) a eu la malencontreuse idée de déplaire à une attachée de presse. Motif : a osé photographier des composants destinés à être cachés dans des produits destinés à la vente au détail. Le « cassus belli » est d'ailleurs tellement ridicule que nos confrères de Silicon déploraient rapidement les faits, immédiatement suivis par l'équipe de Cryptome. Très bel exemple de bévue commise par un responsable communication dans un domaine relativement « sensible »... à moins que l'attachée de presse en question soit précisément elle-même une ardente opposante au fameux RFID... mais peut-être est-ce là une manoeuvre un peu trop subtile.

Les composants de marquage radio, estime la « victime » Katherine Albrecht, ne devraient servir qu'à améliorer les systèmes de gestion des stocks, et simplifier les inventaires des produits palettisés. Et non, comme cela est en train de s'opérer, prendre le relais des mécanismes anti-vol pouvant, accessoirement, être employés pour « tracer » physiquement les consommateurs après leur passage en caisse. Un RFID, même destiné à suivre un paquet de chewing-gum, peut poser de sérieux problèmes de violation de sécurité au sein d'une entreprise, particulièrement dans des lieux où la géolocalisation d'un chercheur, d'un personnage stratégique, peut procurer un avantage certain à des concurrents ou ennemis. Le RFID, dans ce cadre précis, dérange. Il dérange d'autant plus que les fabricants desdits « spychips » n'opposent à ce genre d'argument qu'un discours laudatif sur le ton du « çà ne peut pas arriver, les clients peuvent désactiver les puces, la moralité de tous est garante d'un usage honnête ». C'est généralement ce que l'on raconte à la poule avant de la manger.