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Gator, premiers pas vers les méthodes totalitaristes


Edition du 23/10/2003 - par Marc Olanié

L'un des principes fondateurs d'une dictature spirituelle est l'établissement d'une dialectique. C'est en jouant sur le mot que le terrorisme intellectuel et la pression psychologique -voir terroriste- peu s'exercer sur les média. Ainsi l'exprime l'article de News.Com, rockement intitulé « See you later, Anti-Gator ». Il narre comment les créateurs du spyware Gator ont poursuivi l'éditeur d'un programme d'éradication de logiciels-espion, non pas pour oser « tuer » leurs codes indiscrets, mais pour « oser les appeler spywares »... Mot honteux, véritable diffamation. On croirait voir fonctionner les mécanismes juridiques de certains mouvements politiques extrémistes, qui combattent leurs adversaires non plus sur le principe, mais sur l'expression et la parole.

Un noir et un blancs ne sont plus noirs ou blanc, mais d'origine africaine ou de type caucasien. Un aveugle se transforme en non-voyant, un spam devient une « offre marketing directe répondant à un mécanisme Opt Out », et les hôtesses minijupées qui se dandinaient dans les allées du dernier salon des télécoms à Genève se mutent en collaboratrices ayant fait preuve d'un capacité professionnelle certaine dans le domaine du contact humain. Derrière ce parler « politiquement correcte » ne se cache plus seulement une pudibonderie rampante instillée par des pères lapudeur ou des militants du « consensus mou » qui craignent la moindre prise de position tranchée. En utilisant ces mêmes méthodes de glissement sémantique, certains dictateurs intellectuels commencent à emboîter le pas, à crier au martyr, à exiger un certain « respect du mot juste » dû à leur profession, congrégation, mouvement de pensée ou corporation.