Mark Russinovich publie une suite du roman « le rootkit de Sony ». Ou plus exactement une réponse technique expliquant en quoi les arguments émis par les concepteurs du rootkit sont à la fois empreints de mauvaise foi et d'approximations informatiques. Quelque soit le motif qui ait pu pousser un éditeur à engager des hackers à développer un tel code intrusif, les justifications sont bien maigres. Si maigres que, en Californie, nous relate un journaliste du Washington Post, une association de consommateurs a entamé une de ces fameuses « class action suit » à l'encontre de la maison de disques.
Plus proche de nous, l'équivalent transalpin de l'EFF, la Associazione per la Libertà nella Comunicazione Elettronica Interattiva, Electronic Frontier Italy, a déposé plainte auprès de la police « antifraude télématique » italienne, estimant que les procédés « XCP » utilisés par Sony contrevenaient sans la moindre équivoque aux lois italiennes.
Il sera probablement difficile de faire comprendre à un juge la gravité de la situation et les limites atteintes par cette entreprise. Pour preuve, nos confrères du Washington Post eux-mêmes parlent du rootkit Sony comme d'une « virus like technique ». Or, un rootkit est à des milliers de lieues d'un vulgaire virus. C'est un authentique outil de piratage, de modification intime du code et du fonctionnement du noyau. Une arme de compromission sciemment étudiée. Il serait peut-être temps que le rappel élémentaire de certaines règles de civisme et de respect des lois remette les éditeurs de musique au rang de leur condition première, celle de simple fournisseur.