Jason Smathers, rapporte notre confrère et grand-frère Computerworld , vient d'écoper de 15 mois de prison pour avoir vendu près de 92 millions de pseudonymes AOL à un professionnel du spam. Lequel professionnel avait, pour sa part, été lourdement condamné pour vol d'identité, envoi non sollicité -800 millions d'emails expédiés- et abus d'usage de service Internet. L'employeur, surnommé le « Buffalo Spammer », avait versé 28 000 dollars à l'employé indélicat pour le remercier de ses bons offices.
Ce verdict est, faut-il le souligner, assez exceptionnel et n'est monté en épingle par la presse américaine que pour prouver « l'efficacité des institutions juridiques du pays ». La loi Can Spam d'Outre Atlantique reste l'une des plus permissives qui soit au monde. Enfin, les principaux grands spammeurs américains ont, depuis quelques temps déjà, « offshoré » leurs officines de pollupostage afin d'échapper aux éventuelles contraintes légales et fiscales qui pourraient entraver leur activité. Le geste de Smathers est certes répréhensible, mais ce n'est là qu'un lampiste attiré par l'appât du gain, offert comme victime expiatoire à l'opinion public. Les véritables coupables demerent les sénateurs américains -et représentants de la Chambre des Lord à Londres- qui bloquent, depuis déjà plus de 4 ans, toute tentative visant à instaurer une réglementation internationale "opt in" véritablement répressive à l'encontre des polluposteurs.