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L'IRS contre le cyberblanchiment


Edition du 14/04/2006 - par Marc Olanié

Mi-janvier, un internaute français se faisait épingler par Bercy pour avoir abusé de transaction sur eBay : un coup d'éclat du fisc qui définissait à peu près la frontière séparant l'activité ludique de l'entreprise lucrative. Cette fois-ci, c'est au tour de l'IRS américain de se pencher non pas sur les sites de ventes aux enchères, mais sur les intermédiaires de payement, Paypal plus précisément. Quelle différence y-a-t-il entre un Texan achetant un coucou Suisse et un Virginien expédiant ses économies en douce sur un compte numéroté ? Car, malgré les commissions et autres plafonds, il semblerait que l'usage d'une pseudo-transaction via Paypal soit plus économique et bien plus discrète qu'un transfert de liquide assuré par un « Transporteur ». Faut vivre avec son temps. Et puis, le « brick and mortar » a déjà ses contraintes. C'est déjà assez stressant de livrer 4 tonnes de schnouff au large de Biscarosse sans tomber sur les gabelous, si en plus il faut multiplier les risques au moment d'encaisser le fruit de ce dur labeur !

Cela va sans dire, précisent les journaux américains comme WebProNews, la direction de Paypal est prête à collaborer avec les autorités -en divulguant l'identité de certains de ses clients- et déplore les usages déviants de certains usagers, usages dont elle n'est absolument pas responsable. Lesquels usagers, du coup, se demandent s'il n'était par préférable de faire appel à Monsieur Transporteur pour assurer le convoyage d'une collection d'images émises par le Mint et destinée à l'attention de Monsieur Von Vogelsang, Züricher und Barbade Algemein Vereinigung Sicherheit Bank, 4 DigsboumStrasse, Zürich, Switzerland/Schweiz/Confédération Helvétique.

Paypal dans le rôle -totalement involontaire- de passeur, eBay -à son corps défendant- dans la peau d'un fourgue d'envergure planétaire, les polices du monde entier -a leur grand regret- totalement impuissantes devant cette criminalité qui se débrouille toujours pour appartenir à une « autre » juridiction. A ce rythme là, les gais babils des cours de récréation risquent fort de changer de registre. Les « pan, t'es mort » et « haut les mains, peau d'lapin, tu vas en prison » cèderont place à « ping, j't'expédie un virement cash transitant par hong-kong » et « Zyva, l'autre, l'a même pas vu que j'avais sniffé sa babasse avec un Troyen Magic Lantern... t'es blacklisté, sort du jeu ! »

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